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Les pseudo-médecines

Lutter contre la desinformation en matière de science et presenter la réalité des principales medecines non conventionnelles

Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Samedi dernier, je me suis rendu au colloque du GEMPPI (Association de lutte contre les sectes)  à Marseille.

nathalie de reuckParmi plusieurs communications passionnantes, j’ai été particulièrement intéressé par le témoignage poignant de Nathalie de Reuck auteur de l’ouvrage : « On a tué ma mère ».

Il s’inscrit parfaitement dans ma démarche, destinée à monter combien la pratique de médecines non conventionnelles par d’authentiques médecins est source de confusions.

Ces médecins pratiquent un détournement de diplôme en couvrant de leurs titres des pratiques contestables et parfois dangereuses.

À la fin de son exposé j’ai posé à, Nathalie de Reuck la question suivante : « Si les deux praticiens qui ont suivi votre mère n’avaient pas été médecins, l’histoire aurait elle été la même ? »

Sans la moindre hésitation elle a répondu « Non ».

Tout était dit ! 

Nathalie de Reuck nous a confié qu’en ultime recours elle a fait appel à un autre médecin homéopathe, conseillé par une pharmacienne, dans le but, au vu de son état grave,  de convaincre sa mère d'une hospitalisation urgente. Ce qu'il n'a malheureusement pas fait,  au prétexte qu'en tant que fille unique elle était responsable de son mal. Selon lui, sa mère et elle devaient dénicher le conflit à l'origine du mal pour que celui-ci vienne à disparaître.

Il n'a donc pas jugé nécessaire d'hospitaliser sa patiente et a, de cette manière, cautionné et renforcé davantage les arguments développés par les autres thérapeutes. 

 

À la fin du colloque j’ai demandé à Nathalie de Reuck de bien vouloir m’autoriser à publier des extraits de son exposé.

C’est ce témoignage que je vous invite maintenant à lire. Il est bref et incomplet. Vous pourrez lire la suite dans son ouvrage:

On a tué ma mère ! : Face aux charlatans de la santé

L’aventure n’est pas terminée, car elle continue la lutte avec une énergie admirable.

 

 

Décembre 2005

Maman découvre une petite grosseur au sein gauche. Je m’en réfère à une amie gynécologue qui m’explique les examens à effectuer rapidement. D’après les éléments que je lui transmets il semble évident qu’il s’agit d’un cancer débutant.

Je rapporte à maman le diagnostic de la gynéco qui semble accepter une hospitalisation rapide. Mais quelques jours plus tard elle se rétracte. Son ostéopathe, Luc D., qui vient à domicile depuis plusieurs années pour d’autres ennuis de santé, lui a déconseillé l’hospitalisation. Pour lui, sa grosseur au sein est juste la manifestation d’un conflit qu’il faut résoudre.

Cela fait 10 ans que je m’oppose à cet ostéopathe. Il tient un discours paradoxal qui relève plus de la psychanalyse que de la kinésithérapie.  Pour lui, les relations familiales sont une source intarissable de conflits à l’origine des douleurs physiques de maman.

Je m’inquiète pour elle et souhaite une hospitalisation. Maman veut du temps et déterminer s’il y a une possibilité de la soigner autrement que par des traitements lourds. Elle me rassure. Si la grosseur croit, elle n’hésitera pas un instant à faire les examens préconisés par la gynécologue.

En février 2006 par le biais d’une vétérinaire homéopathe elle entre en contact avec Mme nanette B.  Une thérapeute qui fait des miracles, parait-il. Dans un premier temps je pense qu’elle aussi est docteur car il est question de diagnostic et de traitements. Cette dame travaille en collaboration avec Jean-Marie W. A deux, ils traitent maman par téléphone.

Deux docteurs homéopathes qui la suivent depuis plusieurs mois lui fournissent des granules dont ils refusent de donner la composition mais qui sont censés augmenter les défenses naturelles de l’organisme et diminuer la grosseur au sein.

Cinq personnes s’occupent de maman, et tous tiennent un discours identique. À l’origine du mal, le conflit qu’il faut résoudre. Chacun s’attèle à une tâche.

L’ostéopathe effectue des drainages lymphatiques et travaille les constellations familiales.

Nanette B. prescrit de l’homéopathie, fait des études géo biologiques de la maison.

Jean-Marie W. remonte les énergies, cherche la magie à l’origine du mal, etc.

Tous pratiquent la kinésiologie, recommandent les fleurs de Bach, prescrivent des granules homéopathiques …

Autour de ces thérapeutes, médecins et ostéopathes réguliers, gravitent un tas d’autres thérapeutes occasionnels. Thérapeutes en naturopathie, psycho généalogie, iridologie, énergie des chakras, etc.

Si je m’oppose à leurs idées qui m’apparaissent absurdes, je ne m’inquiète pas outre mesure à ce stade. Après tout, maman est entre les mains de professionnels, entourée de docteurs. « Je veux vivre » me répète maman sans relâche.

Je reste cependant quand même sur mes gardes même si le mal, d’après ma mère, ne semble pas évoluer.

 Fin 2006

Je découvre le sein de maman complètement abîmé. Pour la convaincre d’une hospitalisation j’use d’éléments concrets et pragmatiques. Mais elle s’y oppose complètement usant d’arguments qui m’apparaissent ahurissants et infondés. Si elle souffre, c’est le corps qui se répare. Elle saigne, c’est le mal qui s’échappe. Du pus s’écoule de la plaie, la fièvre augmente, la tumeur prend du volume.. C’est un processus qui mène à la guérison. Toute manifestation physique qu’en médecine traditionnelle on associe à une aggravation de la maladie devient au contraire pour maman le signe d’une rémission.

Je m’interroge sur ces explications enchevêtrées qui m’apparaissent ahurissantes. Tantôt philosophiques, tantôt spirituelles parfois médicales, souvent scientifiques  les propos que maman me tient et qui devraient tendre à m’éclairer m’embrouillent complètement.

L’impression insolite de me trouver face à un ennemi dont je ne connais rien. Tout ce qui fait partie du cadre de référence logique et qui nous est enseigné depuis notre enfance est rejeté et détourné, ce qui rend impossible toute discussion concrète.

Le choix n’est pas discutable. Soit les liens sont rompus, parce que je m’oppose à maman soit je tente de comprendre.

Parmi ces nombreuses annotations découvertes, maman a écrit ceci, trois mois avant son décès

.« Tellement mal, tellement malade. La nuit entière je fixe les murs à subir cette douleur qui ne me laisse aucun répit. Le sein, ce qu’il en reste suinte… Mon bras a encore gonflé. Impression qu’il va exploser. Brûlure partout. À devenir folle. Je sais à peine respirer. J’ai peur. Tout mon être à envie de hurler. Je retiens mes pleurs. Impression de mourir. Jean-Marie W., le thérapeute, m’a dit ‘Ca ne va pas ça mme Starck. Je vous laisse en phase de guérison et je vous retrouve deux jours après aussi bas dans votre énergie de vie. Il y a en vous le BESOIN de se sacrifier ! Vous êtes brimée depuis votre naissance. Laissez exploser vos colères. Votre mari est un tortionnaire. Quittez-le, je vous l’ai déjà dit. Et votre fille aussi ».

Je ne suis  arrivée à la convaincre d’une hospitalisation que bien trop tard. Cela lui a juste permis de se rendre compte, grâce au résultat de la biopsie qui indiquait un cancer, que les thérapeutes et les médecins qui l’entouraient l’avaient leurrée.

Maman est morte dans des souffrances effroyables.  Ses tortionnaires l’y ont emmenée. Un épilogue incompréhensible. Et je n’ai rien pu y faire si ce n’est assister à sa dégradation lente et inéluctable.

La culpabilité qui me tenaillait était à ce point insoutenable que j’ai rapidement cherché à comprendre ce qui avait entrainé ma mère, pourtant combattive et cartésienne, à refuser les soins médicaux qui auraient pu sans conteste la guérir.

À la base de cette dérive il y a ma mère. Qui au-delà des apparences, était en quête de guérison et prête à tout, même à souffrir le martyre pour y arriver. Parce que c’est ce que font croire ces voleurs de chimère, qu’au bout du chemin sur lequel ils la menaient,  après la douleur  il y avait la guérison.

Des maitres de l’illusion qui jouent avec la vie et la mort comme d’autres participent au Lotto. Ils ont détourné ma mère de la vie en usant et abusant de mots mensongers. Il ne s’agissait pas d’un choix délibéré de s’orienter vers de nouvelles techniques en sachant les risques encourus. Non. Elle a été trompée, abusée et c’est ce qui rend le deuil de ceux qui restent particulièrement pénible.

Lors de mes investigations j’ai rencontré, ceux que je nomme les bourreaux de ma mère. Tous, sans exception sont convaincus de l’avoir menée sur le bon chemin. Selon eux, c’était son choix, son destin, sa liberté. « Elle est morte libre, m’a dit l’ostéopathe, en ajoutant que de toute façon, une hospitalisation n’aurait rien changé. Jacqueline selon lui ne souhaitait pas suffisamment résoudre son conflit »

Nanette B. m’a affirmé que cette pauvre femme qui avait énormément souffert avait résolu son conflit, mais que le corps ayant trop trinqué, la mort était inéluctable. Elle a précisé que désormais son corps astral était lumineux et que là où elle était elle revivait une vie nouvelle.

Jean-Marie W., atteint d’une tumeur au cerveau tenait ma mère pour responsable de son cancer « Son énergie négative était trop forte… j’ai tout pris, tout encaissé» m’a-t-il dit peu avant de mourir, en n’oubliant pas d’indiquer que Jacqueline lui était redevable d’une grosse somme d’argent. Il n’a pas eu honte de m’avouer qu’il se faisait traiter dans un des meilleurs hôpitaux

Les deux docteurs homéopathes avaient laissé maman quelques mois avant son décès. Elle refusait de continuer à prendre de l’homéopathie sans en savoir le contenu…

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… Une plainte a été déposée contre les trois thérapeutes de Jacqueline. L’ostéopathe, Nanet B et Jean-Marie W.

Maman avait enregistré quelques une des conversations téléphoniques. Pas dans le but de leur nuire, mais pour accélérer le processus de guérison en se remémorant ainsi les conseils prodigués. Si celles-ci ne constituent pas un élément de preuve elles servent toutefois à éclairer la justice sur le contenu de certains dialogues.

 Une plainte… Pour un processus de reconnaissance diraient certains. Je dirais plutôt pour tenter en rendant publique la problématique de les empêcher de nuire encore.

Le processus judiciaire se révèle pénible et si bon nombre de proches de victimes ne s’y résolvent pas ce n’est pas par lâcheté mais parce qu’ils ont le droit de vivre leur peine dans le respect.

Déposer une plainte c’est se positionner en coupable. C’est admettre qu’on a failli et que ça a couté la vie à la personne qu’on aimait. C’est devoir se justifier devant la justice, devant les autres et espérer qu’ils comprennent ce que nous-mêmes nous avons du mal à comprendre. Apporter des preuves, des éléments probants qui étayent nos accusations mais dont la plupart des proches sont dépourvus.

C’est affronter un nouveau combat à armes inégales, parce que si pour les thérapeutes il s’agit d’argent et de réputation pour nous cela touche à l’essentiel, la perte d’un être cher...

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…Construire un dossier n’est pas aisé pour les victimes. Les enquêteurs, les magistrats qui sont formés pour juger sur des éléments concrets sont confrontés, dans ces cas-ci, à de l’abstrait, rendant d’autant plus complexe l’analyse des dossiers.

Par exemple, lorsque les enquêteurs ont entendu l’ostéopathe de Jacqueline, ils n’ont trouvé aucun élément compromettant. Toute la journée a pourtant été consacrée à son audition. L’ostéopathe s’est montré coopératif.

Il expliquait qu’à l’origine de toute maladie il y avait un conflit. Que le cancer nous en faisions tous plusieurs fois par an sans nous en rendre compte pour autant. Que les métastases n’existaient pas, etc. Un discours qui relève clairement de la médecine nouvelle germanique. Mais les enquêteurs se sont avoués complètement désarmés devant de tels propos. « Vous comprenez ? On n’est pas médecin. Ces affirmations sont peut-être exactes » me confiaient-ils le soir même.

Ma plainte déposée il y a plus d’un an est toujours à l’instruction. Une enquêtrice est en charge, en plus d’autres dossiers, de retranscrire toutes les K7  des conversations enregistrées entre les thérapeutes et ma mère et les agendas qu’elle tenait journellement. Un des thérapeutes,Jean-Marie W. celui dont je possédais le plus d’éléments à charge est décédé au printemps. Les poursuites à son encontre sont donc interrompues.

L’ostéopathe continue à exercer à Bruxelles et Nanette B. en France dans le Périgord. D’autres victimes tombent sous leur joug sans que la justice n’intervienne.

Faute d’éléments, de temps peut-être aussi ou de volonté de la part du magistrat en charge, aucune commission rogatoire n’a encore été ordonnée.

Face à ses difficultés, on comprend mieux les raisons qui poussent les familles des victimes à se taire. Parce qu’à tout cela, il faut aussi préciser qu’un procès requiert une implication financière  particulièrement lourde et une issue incertaine…

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… Les chroniqueurs qui s’intéressent au sujet sectaire s’engagent peu dans leur position. Les débats, les magazines d’investigation s’attachent à donner une version soft de la problématique et refusent de se positionner en dénonçant réellement les risques de certaines méthodes alternatives. C’est principalement à travers les voix des proches des victimes qu’ils dénoncent les faits.

Sans compter que parmi eux, comme en politique ou ailleurs on découvre des propagandistes zélés qui se veulent le relais de ces méthodes qu’ils cautionnent.

Les médias, tant de la presse écrite que visuelle relayent en quantité foisonnante les multiples bienfaits des stages, conférences, reliés aux pratiques alternatives.

 Il n’y a pas un magazine féminin qui ne cite  Âyurveda comme cure d’amaigrissement ou qui ne fasse allusion à l’homéopathie, à la psychogénéalogie ou  aux théories du conflit, chaque semaine.

 Chakras, énergie, centres vitaux, corps astral, prennent place dans le langage populaire et reculent les limites de l’illusion. Un jargon chimérique qui se banalise…

                                                                                   Nathalie De Reuck  GEMPPI    octobre 2010

                                         

 

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

En Suisse, en 2005, cinq médecines alternatives (l’homéopathie, la médecine chinoise, la médecine anthroposophe, la phytothérapie et la thérapie neurale) ont été exclues du remboursement de l’assurance maladie de base par le ministre de la Santé, M. Pascal Couchepin

Suite a une pétition réunissant suffisamment de signatures une votation (sorte de referendum d’initiative populaire) a été organisée le 17 mai 2009.

À cette occasion, un comité interparti pour le contre-projet, "Pour la médecine complémentaire", qui regroupe 36 sénateurs et environ 100 députés, a lancé une campagne pour que leur prise en compte soit ancrée dans la Constitution.

Lors de cette votation, par 67 % de oui, la population suisse a souhaité que ces disciplines soient de nouveau remboursées.

Or, selon le «TagesAnzeiger», seules deux de ces médecines pourraient être finalement remboursées: la phytothérapie et la thérapie neurale ; et encore, l’Office fédéral de la santé publique a-t-il soumis ces 2 thérapies à un groupe d’experts, leur demandant de démontrer que celles-ci satisfont aux critères d’efficacité, d’adéquation et d’économicité (EAE).

Finalement c’est Didier Burkhalter, chef du Département fédéral de l'intérieur,  qui tranchera.

Affaire à suivre avec attention, pour savoir si les hommes politiques suisses sont plus courageux et moins démagogues que leurs homologues français.

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Je n’ai jamais été très fort pour les panégyriques et je ne dérogerais pas à la règle. D’autres s’en chargeront, y compris ceux qui, de son vivant, l’ont trainé dans la boue pour ses positions sur l’énergie nucléaire civile (sachant, qu’a coté de cela, c’était un militant actif du désarmement nucléaire).

J’ai eu l’occasion de prendre contact avec lui à propos d’une attaque honteuse dont il avait été l’objet de la part d’Antonio Fischetti dans le journal Charlie Hebdo à l’occasion de la sortie du livre « Devenez sorciers, devenez savant » qu’il avait écrit avec Henri Broch.

 J’étais alors vice-président de l’AFIS et je l’avais contacté pour lui proposer d’ouvrir les  colonnes de « Science et pseudo-sciences » pour une éventuelle réaction.

Je me souviens encore de sa sage réponse : « Lorsqu’on se fait insulter par un ivrogne à la sortie d’un café, on n’a rien à gagner à lui répondre ».

J’avais alors pris la plume pour une sérieuse mise au point, parue dans le N° 254 de notre revue, tant il me semblait monstrueux de traiter de « nazi » un ancien résistant rescapé de Dachau et tant la mauvaise foi et l’incompétence de l’agresseur était patente.

Je garde de lui le souvenir d’un homme dont la simplicité et la disponibilité n’avaient d’égal que la modestie.

Il va nous manquer.

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Un communiqué de l’AFP nous apprend qu’un  scientifique japonais de haut niveau, chargé de la santé de l'Empereur Akihito, et des associations de médecins ont condamné l'homéopathie comme étant une médecine « absurde » et demandé aux praticiens de ne plus y recourir.

« Je ne peux m'empêcher d'être profondément perplexe devant la brusque popularité de l'homéopathie parmi le personnel médical au Japon », a déclaré Ichiro Kanazawa, qui préside le prestigieux Conseil scientifique japonais.

« L'homéopathie ignore la science », a poursuivi dans un communiqué M. Kanazawa, qui est également chargé de superviser la santé de l'Empereur Akihito.

La controverse a été relancée après le décès l'an dernier d'un bébé de deux mois traité par homéopathie au lieu de recevoir de la vitamine K pour prévenir un risque d'hémorragie cérébrale.

En France l’Académie Nationale de Médecine a depuis bien longtemps pris une position analogue, mais le Conseil National de l’Ordre des médecines s’en moque éperdument et continue de « couvrir » les homéopathes, bien que ceux-ci contreviennent chaque jour à son propre code de déontologie.

[Article 39 (article R.4127-39 du code de la santé publique)

Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé.

Toute pratique de charlatanisme est interdite.]

 

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Il y a quelques jours, je suis allé à la pharmacie. Rien d’extraordinaire me direz-vous !

Certes non, mais ce qui l’est plus c’est ce que j’ai découvert sur le comptoir lorsque je m’en suis approché.

Bien en vue, scotchée avec soin, à un endroit tel que nul ne pouvait y échapper, figurait une annonce intitulée « Nutrition et Bio» et qui précisait en grosses lettres : « NOUVEAUTÉ bracelet EFX  Venez le tester GRATUITEMENT».

J’ai attendu le retour de la pharmacienne qui s’était chargée de mon ordonnance.

« De quoi s’agit-il exactement ? » ai-je demandé en prenant bien soin d’afficher mon air le plus angélique.

« C’est un bracelet qui contient un aimant »

« Ah ! Bon ! Et il sert à quoi » ?

« Il améliorerait la santé, l’équilibre… »

J’arborais alors mon plus beau sourire et pointant un doigt accusateur vers son badge qui précisait « Docteur en pharmacie », je lui dis : « Il vous a fallu toutes ces années d’études pour vendre ce genre d’âneries. À quand les pendules et les boules de cristal ? »

Un peu interloquée, elle tenta de se justifier : « Il y a 2 marques qui en font, mais il parait que celle-ci a fait des études… »

Je lui indiquais alors que je serais heureux de connaître ces études et de savoir dans quels journaux elles avaient été publiées.

Comprenant que je l’entrainais sur des terrains mouvants, elle avoua alors : « En fait, moi, je n’y crois pas. Je ne les conseille jamais, mais je suis obligé de les vendre si on me les demande ». Elle ajouta : « Ce n’est pas moi le patron ».

Ne souhaitant pas l’accabler, je n’insistais pas et la laissait finir de préparer mon ordonnance.

Avant de partir je ne pus m’empêcher d’ajouter malicieusement: « Vous voyez, on commence par vendre de l’homéopathie et on finit dans les bracelets magiques ».

Je n’insisterai pas ici sur la nature de ces bracelets, que Florent Martin, vice-président de l’Observatoire Zététique, interrogé sur le sujet à la télévision comparait à une patte de lapin.

Ceux d’entre vous qui souhaitent approfondir la question peuvent se reporter à l’excellent article de Brigite Axelrad disponible sur le site de l’AFIS.

Le site du distributeur avoue d’ailleurs très naïvement dans un français pour le moins perfectible (je cite textuellement) : « Parce qu'il y a une absence de preuves scientifiques claires pour valider la science derrière les dispositifs bioélectriques thérapeutiques, nous soutenons la FDA et l’opinion de la médecine professionnelle, que les avantages réels doivent être dû au pouvoir de la suggestion, jusqu'à preuve du contraire ». En clair, ils ne contestent pas l’avis des scientifiques ni des organismes compétents qui affirment que cet objet n’a aucun pouvoir spécifique.

J’en vois déjà face à leur ordinateur qui se disent : « Ce blogueur nous raconte des histoires, les pharmaciens sont des scientifiques, ils ont une éthique, un conseil de l’ordre, un code de déontologie. Ils ne vendraient jamais une chose pareille… »

C’est pourquoi, quelques jours plus tard, je suis retourné à la pharmacie et, n’écoutant que mon courage, je suis allé photographier l’affiche concernée. Puis je suis ressorti tranquillement, avant que quelqu’un ait eu le temps de me demander des explications, en saluant poliment la compagnie.

La preuve par l’image.

EFX

Le code de déontologie des pharmaciens, dans son article R. 4235-1, indique bien que : « Les dispositions du code de déontologie s’imposent à tous les pharmaciens et sociétés d’exercice libéral inscrits à l’un des tableaux de l’ordre » et précise plus loin dans l’article R. 4235-10 que le pharmacien « doit contribuer à la lutte contre le charlatanisme, notamment en s’abstenant de fabriquer, distribuer ou vendre tous objets ou produits ayant ce caractère... »

Comme quoi certains professionnels de santé pensent que les codes de déontologie sont faits pour être écrits, pas pour être suivis.

 

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Cher visiteur

Le site pseudo-médecines.org accueille (principalement) mes articles depuis le 3 mars 1998. Il a aussi servi à annoncer la parution de mes livres.

Depuis son ouverture il a accueilli un peu plus de 501 000 visiteurs.

Pour des raisons de facilité - ne plus avoir à gérer hébergement, maintenance, sauvegardes etc… -  j’ai décidé de passer sur overblog.

Vous trouverez sur ce nouveau support toute la documentation qui s’y trouvait précédemment et, en plus, une partie blog sur laquelle j’espère trouver le courage de vous tenir au courant des nouveautés concernant les médecines non-conventionnelles et toutes les autres formes de désinformation scientifique.

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Mes livres
mnc
 
A l’occasion de la publication de mon livre,  Les pseudo-médecines – un serment d’hypocrites, j’ai pu constater, lors d'échanges avec les lecteurs ou lors de mes interventions publiques, que les arguments objectifs ne pouvaient convaincre ceux qui croient fermement aux médecines non conventionnelles. Les arguments selon lesquels l'homéopathie se veut une médecine sans molécules, que les méridiens d'acupuncture n'ont jamais pu être mis en évidence ou que la psychanalyse repose sur des mensonges, sont utiles à ceux qui doutent, mais ils ne feront jamais changer d'avis les vrais croyants. On croit aux médecines non conventionnelles comme on croit en Dieu, en la réincarnation ou en l'existence des extraterrestres. D'autant que la science ne peut jamais faire la preuve de l'inexistence d'un phénomène. On ne peut donc pas dire que les médecines non conventionnelles sont sans action, on peut juste affirmer qu'elles n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité.

C'est pourquoi il m'a semblé souhaitable, les éléments objectifs étant fournis, de réfléchir et de faire réfléchir sur les raisons qui expliquent l'adhésion sincère de nombreux patients et praticiens en des médecines irrationnelles.

Il ne s'agit pas de mépriser ou de culpabiliser ceux qui adhèrent à ces pratiques. Chacun est libre de ses choix et je ne vois aucun inconvénient à ce que l'on absorbe des granules, qu'on se fasse réactiver les chakras chez un maître Reiki ou qu'on invoque la pleine lune aux côtés d'un chaman. A condition que ceci soit fait en connaissance de cause et dans le cadre d'un choix individuel lucide, sans intervention financière de la collectivité.

Jean Brissonnet

Ouvrage en vente sur le site de l'editeur Book-e-Book


Table des matières

Préambule

Introduction

La situation française

- Les différentes pratiques médicales

- Les autorités médicales

Faux et usage de faux

- Le sophisme « post hoc »

- Le sophisme corrélation-causalité

- Le sophisme du faisceau de preuves

- La dissonance cognitive

- La mémorisation sélective

- La puissance du jargon

- L’effet de chapelle

L’argument d’autorité

- Puissance de la soumission à l'autorité

- Les médecines non conventionnelles pratiquées par des médecins ou « reconnues » sont les plus répandues

- Le rêve des pseudo-médecines : entrer à l'hôpital

Dernières nouvelles du placebo

Le rejet de la médecine conventionnelle

- Le refus de la technicité

- La crainte des effets secondaires

- Les dysfonctionnements de la médecine conventionnelle

La médecine et les médecines



  Texte de la 4eme de couverture

Contrairement à une idée fort répandue, les praticiens et les utilisateurs des médecines non conventionnelles ne sont, le plus souvent, ni des charlatans, ni des sots. Ils sont sincèrement persuadés de la validité de ce qui s’avère pourtant n’être rien de plus qu’une croyance. Les arguments objectifs qu’on peut leur fournir ne parviennent pas à les convaincre, car ils ignorent, ou ont oublié, les fondements de la méthode scientifique.

Comme le font malheureusement de nombreux médias, ils se fient au témoignage et à l’argument d’autorité ; ils ne savent pas déjouer les pièges d’une information souvent partiale et se méfier de leurs propres erreurs de raisonnement.

Le but de cet ouvrage est de les aider dans cette tâche, de mieux leur faire comprendre la différence entre croire et savoir, sans pour autant les stigmatiser ni les mépriser.

Il y a toujours eu et il y aura toujours des guérisseurs, mais il importe que ceux-ci ne se présentent pas couverts du manteau honorable de l’Université.

Il y aura toujours des patients prêts à se tourner, soit par idéologie, soit par désespoir, vers des médecines non conventionnelles. Encore faut-il qu’ils le fassent en étant clairement informés du fait que ces pratiques n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité.

Jean Brissonnet, agrégé de physique appliquée, collaborateur du laboratoire de Zététique de l’université de Nice-Sohia Antipolis, membre du Cercle Zététique du Languedoc Roussillon, ancien vice-président de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) et du comité de rédaction de la revue « Science et pseudo-sciences », est le créateur du site Internet www.pseudo-médecines.org. Il a publié en 2003 un ouvrage intitulé « Les pseudo-médecines, un serment d’hypocrites ».

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Mes livres
   couvert

 

Chers visiteurs.

Ce livre , écrit à la demande du Henri Broch, reprend certains des dossiers qui ont pris naissance sur ce site, mais qui ont été largement complétés et actualisés. Y figurent aussi de nouveaux thèmes (pseudo-médecines et sectes, pseudo-médecines et vaccination) ainsi que des propositions pour que cesse la confusion entre médecine scientifique et pseudo-médecines.De larges extraits des échanges, parfois difficiles, parfois encourageants, avec les visiteurs figurent en bonne place.
Je souhaite que vous preniez plaisir à le lire, comme j’ai pris plaisir à l’écrire. J’espère surtout qu’il poursuivra la tâche fondamentale que je me suis fixé : l’information des citoyens.

Vous trouverez ci-dessous le plan de l’ouvrage et le texte de la 4eme de couverture.

Cordialement.

Jean Brissonnet


Ce livre est disponible sur le site de l'éditeur book-e-book.com 

 

 


Plan de l’ouvrage
Chapitre 1 : De quoi je me mêle !
Chapitre 2 : Les faux semblants
Chapitre 3 : Garanti pur sucre (Homéopathie)
Chapitre 4 : Des méridiens qui extrapolent (Acupuncture)
Chapitre 5 : L’os culte (ostéopathie)
Chapitre 6 : La grande illusion (psychanalyse)
Chapitre 7 : Faut-il y mettre un therme (Thermalisme)
Chapitre 8 : Pour tous les goûts
Chapitre 9 : Malheur aux faibles (Pseudo-médecines et vaccination)
Chapitre 10: Médecins et gourous (Pseudo-médecines et sectes)
Chapitre 11: Le beurre et l'argent du beurre
Chapitre 12: De quoi on se maile!

 


 Texte de la 4eme de couverture

C’est parce qu'il s’est trop souvent trouvé obligé de devoir garder le silence face au déluge d'affirmations pseudo-médicales totalement irrationnelles que l'auteur de cet ouvrage livre à ses semblables ce qu’on pourrait appeler un vade-mecum à l'usage des sceptiques impénitents. Jamais plus le lecteur ne se trouvera seul face à la horde des croyants psalmodiant leurs mantras. Fini l’argument d'autorité – " d'ailleurs c'est un médecin " – qui désarçonne la critique !

Homéopathie, acupuncture, psychanalyse, ostéopathie, sont passées en revue dans des fiches brèves, complètes, et indépendantes. Tous les arguments qui sont généralement avancés à l'appui des pseudo-médecines sont examinés. Les conséquences de cet envahissement du secteur médical par l'irrationnel – refus de vaccination, sectes – y sont aussi largement étudiées et analysées.

Ce livre s’adresse aussi, et peut-être surtout, à ceux qui sont sincèrement persuadés que l'eau a une mémoire, que le fait de dater de cinq siècles constitue un label de qualité et que le remboursement par la Sécurité Sociale est une preuve d'efficacité

En marge de son aventure personnelle, à travers la création d’un site Internet, l'auteur propose des solutions pour que le citoyen, bien informé, soit vraiment libre de ses choix en matière de santé.

 


 

Jean Brissonnet est physicien appliqué, créateur du site www.pseudo-medecines.org, membre du Conseil d'Administration de l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS), du comité de rédaction de la revue " Science et pseudo-sciences " et du Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon.

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