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Les pseudo-médecines

Lutter contre la desinformation en matière de science et presenter la réalité des principales medecines non conventionnelles

Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

J'ai écrit en 2003, il y a déjà bien longtemps, un premier livre intitulé « les pseudo médecine – un serment d'hypocrites [1]» . Au chapitre traitant de l'homéopathie j'évoquais la présence de nombreux médecins homéopathes au sein des sectes guérisseuses. J'écrivais en particulier : « deux autres homéopathes adeptes de la secte S ont été jugés pour homicide involontaire. Leur patiente souffrait d'une tumeur à la main elles ont été soignées par des harmonisations et des traitements homéopathiques préparés spécialement par le laboratoire T. La première, XX a déjà été radié de l'ordre des médecins pour  faute grave et pour pratiques charlatanesques dont ont été victimes un malade du sida et de femmes souffrants de cancer ». J'avais à l'époque cité clairement le nom de cette homéopathe, car de nombreux articles de journaux confirmaient ces propos et les faits de l'époque en prouvaient l'incontestable réalité.

Ce n'est que bien des années plus tard le 6 janvier 2017 que j'ai reçu un courrier recommandé de Madame XX mettant en cause le paragraphe ci-dessus.

Elle affirme alors :

 « – je ne suis pas radiée de l'ordre des médecins ( elle joint d'ailleurs en copie sa carte de médecin pour 2015 et 2016).

 – Deux décisions de justice ont été rendues… j'ai été relaxé de toute responsabilité dans ces mises en cause. »

La lettre se termine évidemment par les habituelles menaces me mettant en demeure de supprimer « dans un délai de 30 jours le passage me concernant sur votre site Web et de supprimer également ces propos dans votre livre… Faute de quoi j'engagerai des poursuites pour diffamation».

Je lui ai répondu immédiatement et fort aimablement en lui disant : «Afin de répondre à votre demande, au moins de manière provisoire, j'ai supprimé de mon site le passage qui vous concerne et j'ai demandé à mon éditeur de suspendre momentanément la vente du e-book », non sans ajouter  « Cependant, je me réserve le droit d'enquêter sur la réalité des faits. »

Ces faits, les voici!

Je me contente de les tirer directement des motifs de la comparution de XX devant la 16e chambre du tribunal de grande instance de Paris et contenus dans le jugement du 16 janvier 2004 [2].

« Il est établi et non contesté que XX avait adhéré à l'association S... »

« Plusieurs plaintes aussi bien auprès de différents parquets qu'auprès du conseil de l'ordre des médecins étaient déposées à l'encontre de XX »

Suit un triste inventaire que je résume rapidement :

1) une plainte par un malade « atteint du virus HIV », à la suite de laquelle le conseil de l'ordre des médecins avait le 23 mars 1996 prononcé la radiation de NS en indiquant dans ses motivations :

- que le docteur XX « était dotée d'un exceptionnel charisme au service d'une volonté délibérée de mainmise sur le malade exclusive de toute autre velléité de manifestations thérapeutiques en l'espèce.»

– « Qu'elle avait manqué de tact et de mesure dans les honoraires en utilisant [ ... ] des procédés assimilables au charlatanisme ».

– « Qu'elle avait poussé son patient  dans l'association S ».

2) une plainte pour « non-assistance à personne en danger » par les parents d'une jeune fille décédée « enrôlée dans l'association S suite à l'évolution de sa tumeur maligne de la main » et qui exclusivement suivie par la secte n'était pas revenue voir son praticien pendant trois ans.

3) une plainte déposée par le mari d'une patiente décédée d'un cancer du sein  auprès du conseil départemental de l'ordre des médecins

Le tribunal a bien sûr demandé une expertise médicale auprès de trois médecins experts et leurs conclusions ont été les suivantes :

- Pour le premier cas, ils constatent une « méconnaissance complète du traitement de l'affection à HIV », mais déclarent « qu'il n'existait pas de faute caractérisée même si la prise en charge thérapeutique était de mauvaise qualité ». On croit rêver ! Même le moins informé des citoyens savait déjà à cette époque que le sida ne se soigne pas à l'homéopathie.

- concernant le cas de la tumeur maligne à la main ayant abouti à décès, ces experts considèrent qu'on « avait appliqué une thérapeutique totalement inefficace et quasiment charlatanesque, mais n'ayant eu en elle-même aucune conséquence quant à l'évolution de l'état de cette patiente qui avait déjà  suivi des soins classiques pendant 7 ans ». Il semble donc que le fait d'avoir reçu d'abord des soins classiques puis d'avoir été la proie d'un médecin incompétent exonère celui-ci de toute responsabilité dans la mort du patient!  Qu'on se le dise!

- quant au cas de la patiente qui souffrait d'un cancer du sein ayant récidivé par un nodule ils admettent que « les soins apportés […] par le docteur XX avaient retardé le traitement d'une récidive locale et générale du cancer dont est décédée cette patiente ». « Elle n'avait pas apporté de soins consciencieux attentifs et conformes aux données de la science. De ce fait, elle était à l'origine d'un retard important de traitement et donc d'une dramatique perte de chance de survie pour cette patiente ».

Le tribunal après avoir invoqué « les champs respectifs de la causalité directe  et de la causalité indirecte », disserté  des «  faits de la cause », invoqué « un contexte particulier » et rappelé que les trois experts commis «  se sont en réalité tenus à  reprocher [à XX] d'avoir concouru par ses errements à une perte de chance quant à sa survie » ce qui ne permet pas « d'établir un lien de causalité certain entre la faute et le décès » décide qu'il «  convient en conséquence à relaxer XX des fins de la poursuite même si le dossier révèle à plusieurs reprises le bien-fondé de sa radiation définitive de l'ordre des médecins. »

On touche avec cette dernière phrase à des éléments essentiels

D'abord, la vérité scientifique ne s'établit pas dans les prétoires. Un tribunal ne peut juger que sur des faits concrets et avérés or ce qui se passe dans le secret d'un cabinet médical ne peut pas être connu autrement que par les récits du praticien et du patient. Il est donc le plus souvent impossible de présenter des preuves matérielles. C'est parole contre parole! Les juges montrent bien qu'ils ne sont pas en état de condamner l'accusée, mais qu'ils sont fort satisfaits de sa radiation qu'ils croient « définitive ». Nous reviendrons plus loin sur ce dernier mot.

Ensuite parce qu'il existe chez les médecins (comme dans de nombreuses autres professions) un incontestable esprit de corps et que les trois experts qui ont été commis par le tribunal pourraient facilement être accusés  par des esprits mal intentionnés (ce que je ne cautionne évidemment pas) d'avoir été pris dans un conflit de confraternité. Les tergiversations embarrassées de leurs dépositions diffèrent en effet clairement des termes utilisés dans les motivations du conseil Régional de l'ordre qui ont conduit à une double radiation de XX.

En effet préalablement à ce jugement, les 23 mars 1996 et 11 mars 1997, le docteur XX avait été radiée par deux fois.

En 1996 le conseil régional de l'ordre d'Île-de-France avait décrété que : « considérant qu'après audition des parties et examen des pièces figurant au dossier, il est constant que les faits relevés sont contraires à la probité et à l'honneur [...] qu'il échet en conséquence de sanctionner le médecin en cause de la peine de radiation ». L'accusé avait alors faire appel!

Mais dès 1997 le même conseil régional vu la plainte déposée par le conseil départemental de la Ville de Paris déclarait à propos d'un autre cas « que Madame le docteur XX s'est rendu coupable de pratiques charlatanesques ; il s'agit là de récidive ; qu'elle porte en partie la responsabilité du décès prématuré de sa patience, que ces faits prouvés, méritent la sanction la plus sévère à laquelle la juridiction ordinale puisse la condamner»  et avait prononcé « la peine de radiation ».

Je n'en rapporterai pas ici textuellement le détail des attendus contenus dans ces deux décisions afin de préserver les âmes sensibles et de ne pas désespérer les partisans des médecines non conventionnelles.

Je tiens à faire remarquer ici l'attitude remarquable des Conseils du l'ordre départemental de la Ville de Paris et du Conseil régional de l'Île-de-France de l'époque qui ont fait preuve en l'occurrence d'une rigueur en tous points respectable.

Revenons maintenant en 2017 ! De l'eau a passé sous les ponts ! Il est parfaitement évident qu'une personne qui a purgé sa peine (la radiation) a droit à l'oubli de ses dérives passées. Nous ne sommes plus ni en 1996, ni en  1997, ni en 2003 (date de parution de mon livre). Alors, pourquoi cette personne souhaite-t-elle faire disparaître son passé et surtout comment peut-elle encore être en possession d'une carte de médecin ? Une radiation n'est pas une simple suspension et pour le naïf que je suis il y a là une contradiction que je me suis efforcé d'éclaircir.

La vérité est que le docteur XX n'est pas « rangé des affaires ». Elle possède un site Internet et a même publié un livre sur lequel elle fait la promotion d'une nouvelle médecine qui a de quoi se faire tordre de rire n'importe quel physicien. C'est parfaitement son droit, si elle n'utilise pas pour ce faire l'autorité de son titre de médecin. Sur son site on peut lire: « Le Docteur XX n’est pas une personne vindicative, elle croit en l’amour, en l’homme. Lorsque l’on sort des ornières, lorsque l’on ose sortir du cadre, on a souvent contre soi des énergies malfaisantes, nuisibles. » À l'évocation de ces énergies malfaisantes et nuisibles, j'avoue m'être senti légèrement concerné. Pourtant, jusque-là, rien à dire ! Chacun a le droit de prétendre appliquer à la médecine des théories que les spécialistes eux-mêmes ont parfois bien du mal à maîtriser.

La suite est plus problématique lorsqu'elle affirme : «Le Dr XX a été brièvement suspendue comme le prévoit la procédure lorsqu’un médecin est mis en cause dans une affaire de justice. Elle n’a jamais été radiée .[3] »

Comment peut-on avoir été radiée définitivement par deux fois, être à nouveau en possession d'une carte de médecin et pouvoir écrire publiquement que l'on n'a jamais été radiée.

Pour avoir la réponse à ces questions je me suis d'abord adressé au conseil départemental de la Ville de Paris qui m'a fait savoir qu'il ne possédait plus le dossier de l'intéressé lequel avait été transmis à l'ordre d'un département du sud-est de la France où elle résidait actuellement.

J'ai donc contacté cet ordre départemental, j'ai exposé cette apparente contradiction ajoutée au fait que je n'avais pas trouvé le nom de cette praticienne sur le site du Conseil national et surtout j'ai demandé à être reçu. La réponse, fort brève m'a informé que le docteur XX « est inscrite au tableau […] en qualité de médecin retraité. Elle n'apparaît donc pas sur annuaire en ligne du Conseil national des médecins qui ne recensent que les médecins en activité ». Aucune réponse à ma demande d'entrevue, aucune réponse à cette radiation définitive ... qui ne semblait plus être définitive !

Devant cette visible mauvaise volonté à me fournir les explications que je désirais je me suis donc adressé au Conseil national de l'ordre des médecins auxquels j'ai posé le même genre de questions. Il s'en est suivi un échange de plusieurs courriers avec un interlocuteur qui pratiquait à merveille l'art de l'esquive et au cours duquel j'ai dû faire preuve d'insistance pour obtenir les réponses suivantes : « un médecin qui a été radié disciplinairement peut bénéficier d'un relèvement d'incapacité passé un certain délai » (il était précisé que la chose était possible : « après qu'un intervalle de trois ans au moins s'est écoulé… ») et « le docteur XX est en situation régulière d'exercice ». La dernière lettre se terminait par ces mots : « telles sont les précisions que je peux vous apporter ». Visiblement c'était le point final ! J'avais agacé l'Ordre des médecins en cherchant des informations sur une collègue. Sur le fait qu'elle puisse aujourd'hui arguer qu'elle n'a jamais été radiée, pas de réponse et pas non plus la moindre intervention puisqu'un an s'est écoulé et que le site Internet de XX porte toujours les mêmes affirmations mensongères.

Que ceux qui défendent la pratique de certaines médecines non conventionnelles par des médecins sous prétexte de sécurité, réfléchissent bien à la lecture de cet exemple. Il est clair que si les mêmes actes avaient été commis par une citoyenne ordinaire elle n'aurait pas eu droit à une expertise médicale complaisante (les médecins sont particulièrement virulents vis à vis de ceux qui se risquent sur leur domaine [4]), le tribunal n'aurait pas pu se retrancher derrière l'ordre des médecins et il est plus que probable que sa décision n'aurait pas été la même.

 

Pour que cela cesse, signez et faites signer la pétition "pour que cesse l'ambiguïté des pratiques médicales"

C'est ici: https://chn.ge/2H80W0A

 

 

[1] Épuisé sous forme papier, mais à nouveau disponible sous forme ebook aux éditions book – e –book.com

[2] Les décisions de tribunaux sont publiques et chacun peut se les procurer auprès du greffe du tribunal concerné

[3] consulté le 17 avril 2018

[4] À titre d'exemple  en 2016, le conseil de l'ordre des médecins du Tarn-et-Garonne a déposé une plainte devant la justice contre 2 praticiennes de médecine traditionnelle chinoise alors que ces deux personnes possédaient un diplôme reconnu comme légal hors du territoire national. De nombreux exemples de ce type peuvent être cités.

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

C'est sans surprise que l'on constate que depuis la publication de la tribune des 124 médecins dans le Figaro les homéopathes ne sont pas restés inactifs. Plusieurs syndicats non représentatifs (l'union collégiale, le syndicat de la médecine homéopathique, le syndicat des mésothérapeutes français, le syndicat des médecins indépendants libéraux européens) annoncent en effet, dans un communiqué, avoir déposé « des plaintes disciplinaires auprès de l'Ordre des médecins envers les signataires de cette tribune ». Faute de pouvoir revendiquer des sanctions envers l'ensemble des signataires dont certains d'ailleurs ont fait usage de pseudonymes, les requérants ont choisi d'attaquer 10 médecins, dont les cinq qui se sont exprimés dans les médias. Ils ne demandent rien moins que des « excuses publiques » et avertissent par la bouche du  Dr Meyer Sabbah, à l’origine de la plainte, que s'ils ne les obtiennent pas ils se proposent de « tirer au sort 2 médecins dans la liste, tous les 15 jours, pour de nouvelles plaintes ».

Comment des médecins n'ont-ils pas perçu que cette méthode rappelle de terribles épisodes de notre histoire?

Le conseil de l'ordre des médecins a déjà pris les devants et dans un communiqué dont le ton fleure bon le jésuitisme d'antan, il déclare d'abord que : «sur ce qui concerne les aspects scientifiques [...] il ne tire d’aucun texte une compétence institutionnelle pour se prononcer. » Étonnant, lorsque l'on sait que le premier rôle du conseil de l'ordre des médecins et de faire appliquer son code de déontologie lequel prévoit dans son article 39 intitulé « charlatanisme » que: «Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé». Il faudrait admettre que le conseil de l'ordre vit sur une île déserte pour qu'il n'ait pas eu connaissance des conclusions et des décisions des académies nationales européennes dont j'ai parlé plus haut. Il se défausse donc sur l’Académie nationale de médecine, la Haute autorité de santé et l’Agence nationale du médicament et des produits de santé auxquelles il demande de se saisir du sujet. Le Conseil national de l'ordre peut-il croire un seul instant que ces organismes s'aperçoivent brutalement de l'efficacité de l'homéopathie ou cherche-t-il tout bonnement à ne pas avoir à se prononcer et à rompre l'esprit de corps dont il est le promoteur et le défenseur ?

L’ordre national des médecins se considère moins comme le garant de la déontologie (dont il se garde bien de faire appliquer plusieurs articles) que comme un défenseur de la profession ce qui est plutôt ordinairement le rôle des syndicats. On ne peut donc que regretter que le président François Mitterrand n'ait pas fait ce qu'il avait promis dans ses 110 propositions lorsqu'il était candidat : « Le conseil de l’ordre des médecins sera supprimé (proposition 85).»

 

En attendant, signez et faites signer la pétition "pour que cesse l'ambiguïté des pratiques médicales"

C'est ici: https://chn.ge/2H80W0A

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

 

Avant de poursuivre, finissons en une bonne foi avec le débat sur l'efficacité de l'homéopathie.

Après de nombreuses études comportant de multiples biais et des interprétations erronées un coup fatal que chacun se plaisait à penser définitif a été donné en 2005 par la revue The Lancet, le plus grand journal médical international. Celui-ci a en effet publié à cette époque une méta-analyse1 qui conclut qu'elle a trouvé « peu de preuves d'un effet spécifique des remèdes homéopathiques.» À cette occasion le journal est sorti de son habituel flegme et a publié un éditorial musclé qui semblait clore définitivement le débat : «L’heure n’est probablement plus à des études ponctuelles, des rapports biaisés ou à la poursuite de recherches pour perpétuer le débat entre homéopathie et allopathie. Désormais, les médecins doivent faire preuve d’audace et être honnêtes avec leurs patients sur le manque d’effets de l’homéopathie, ainsi qu’avec eux-mêmes sur les échecs de la médecine moderne, pour répondre à l’attente des malades en matière de soins personnalisés.

En 2015 pourtant une étude du Conseil australien de la santé nationale et de la recherche médicale (NHMRC) enfonce le clou et conclut:« L'homéopathie ne convient en aucun cas pour le traitement des maladies chroniques ou des maladies graves. Ceux qui choisissent l'homéopathie mettent leur santé en danger s'ils rejettent ou tardent à prendre des traitements dont l'efficacité est démontrée»2.

Tout dernièrement enfin, dans un nouveau rapport3, l'EASAC (Conseil scientifique des académies des sciences européennes) confirme: «l’absence de preuve solide et reproductible de l’efficacité des produits homéopathiques. »

L'affaire est donc entendue et les homéopathes responsables  admettent aujourd'hui que l'homéopathie n'a aucun effet spécifique et ne fait pas mieux que le placebo.

Encore faut-il savoir que l'effet placebo provient principalement du contexte et ne nécessite donc ni praticien particulier ni produit particulier. Il découle de la sensation qu'a un malade d'être pris en charge, d'être entendu et surtout de la relation interpersonnelle qui s'établit entre le patient et le praticien. C'est pourquoi il convient plutôt de l'appeler « effet contextuel ». Il est prouvé que cet effet est d'autant plus important qu'il est associé à un traitement réellement efficace. Cet effet doit évidemment être pris en compte, mais il doit être mis en œuvre dans le cadre de la médecine basée sur les preuves dont il va alors renforcer l'efficacité4.

Il semblerait logique qu'une pratique incontestablement inefficace et qui n'a pas évolué depuis le XVIIIe siècle soit appelée à disparaître. On peut d'ailleurs penser que la chose finira par se produire si la France, avec son particularisme, ne sert plus de locomotive et d'îlot de résistance. Il est aussi possible que cette disparition, qui nous l'avons vu dans les articles précédents, commence à se produire dans de nombreux pays du monde, soit ce que redoutent  les homéopathes et qui explique  les réactions brutales qu'ils manifestent à la moindre agression.

La connaissance a toujours fini par vaincre l'obscurantisme. L'ambiguïté actuelle disparaîtra tôt ou tard!

(à suivre)

Ceci est le 4e épisode du "feuilleton" associé à la pétition "pour que cesse l'ambiguïté des pratiques médicales".

Sans plus attendre, signez cette pétition (si ce n'est déjà fait) et faites la suivre sur les réseaux sociaux ( même si c'est déjà fait).

Merci pour votre aide!

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1 Étude systématique de Aijing Shang

2 Evidence on the effectiveness of homeopathy for treating health conditions mars 2015 du Conseil australien de la santé nationale et de la recherche médicale (NHMRC)

3 Communiqué de presse - Vendredi 29 septembre 2017

4 Pour approfondir ce sujet, lire l'article « l'effet placebo» sur ce même site.

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Il n'existe guère que l'Espagne et l'Italie qui considèrent tout comme la France que l'exercice de l'homéopathie relève de la médecine et qui remboursent celle-ci si le prescripteur possède un diplôme de docteur en médecine. En Suisse, il a fallu un référendum d'initiative populaire (remporté de justesse avec 50,15 % des voix) pour que l'homéopathie soit remboursée malgré l'opposition de l'Office fédéral de santé publique (OFSP). Dans de rares pays, l'homéopathie est prise en charge par des assurances privées.

Certains pays prennent la voie de la raison et modifient leur législation concernant les produits homéopathiques.

Au Canada, l'homéopathie n'est plus considérée comme un médicament, mais est classée dans les produits de santé naturels.

Aux États-Unis le laboratoire Boiron a dû faire face à six procès collectifs intentés par des consommateurs. Pour éviter un jugement sur le fond, le laboratoire a consenti un accord sur un montant de 5 millions de dollars pour rembourser les clients mécontents qui l'accusaient de publicité mensongère. D'ailleurs désormais faute de pouvoir présenter des études scientifiques valables les produits homéopathiques vendus aux États-Unis doivent présenter  de manière très lisible sur leur étiquette «1) qu’il n’existe aucune preuve scientifique de l’efficacité de ce produit; 2) que les allégations concernant ce produit sont basées uniquement sur des théories datant du XVIIIe siècle, qui ne sont pas admises par la plupart des experts médicaux actuels»[1].

L'Angleterre qui possède pourtant 5 cliniques homéopathiques a déclaré la fin du remboursement de ces traitements considérés comme «au mieux un placebo et un gâchis des fonds limités du NHS».

Voilà de quoi refroidir clairement les amateurs de granules et limiter les prétentions du laboratoire Boiron à l'international, car si l'homéopathie est très populaire en France , il n'en est pas de même dans les autres régions de la planète.

Pour s'en convaincre, il suffit de lire les comptes annuels du laboratoire Boiron[2] qui fournissent le chiffre d'affaires effectuées dans les différents pays pour l'année 2016.

Le chiffre d'affaires effectuées respectivement en France, dans le reste de l'Europe et en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) est de 371 M€, 164 M€ et 65 mM€. Le reste du monde ne dépense que 15 M€. Rapporté aux populations respectives de ces différents pays, il apparaît donc que les Français ont dépensé chacun en moyenne au cours de cette année 5,5 euros, alors que la dépense par individu dans le reste de l'Europe et en Amérique du Nord est respectivement de 0,2€ et 0,18€. Les habitants du monde qui utilisent l'homéopathie ont dépensé environ 32 fois moins que les Français. Il faut de plus préciser que certains pays sont totalement absents de ce rapport et ne consomment donc pratiquement pas d'homéopathie[3].

La vente de ces « médicaments » est pratiquement... homéopathique dans les pays nordiques. Ainsi à titre d'exemple en Suède les produits homéopathiques ne sont pas vendus en pharmacie et la prescription d’homéopathie par un médecin peut même entraîner sa radiation de l’Ordre.

La France qui représente à peu près 1 % de la population mondiale consomme 20 % de la production mondiale de médicaments homéopathiques. On voit bien qu'elle constitue une exception.

Il faut ajouter que l'homéopathie dispose, du fait d'un grand nombre de médecins pratiquant cette discipline confortable, d'un lobby puissant et vindicatif et qu'elle bénéficie  d'une mansuétude incompréhensible de la part d'un conseil de l'ordre plus occupé à préserver les privilèges des médecins qu'à faire appliquer son propre code de déontologie.

(À suivre)

Rappel de ma pétition: https://chn.ge/2H80W0A

Si vous en partagez le contenu, signez la et surtout faites la suivre à vos amis et connaissances.

 

 

[1] Depuis le 15 novembre 2016

[2] ACTUS-0-48100-boiron-document-de-reference-2016

[3] il existe bien dans certains pays quelques petits laboratoires dont la production est insignifiante.

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Publié le par Jean Brissonnet

Nous passons chaque jour devant des plaques de médecins affichant leur qualité d'homéopathe et pour la majorité des citoyens cette qualification équivaut à ce que serait la cardiologie ou l'allergologie. Or il n'en est rien. La première est une spécialité qui demande des études très spécifiques; diplôme d'études spécialisées (DES) et éventuellement diplôme d'études spécialisées complémentaires (DESC). La seconde est une capacité attribuée à des médecins après  un ou deux ans d'études complémentaires. Par contre, l'homéopathie peut s'exercer sur simple déclaration. Sa mention est autorisée sur les plaques et les ordonnances des médecins concernés,[1] mais aucune qualification particulière n'est demandée. Certains homéopathes passent un DU ou DIU (formations d'université non qualifiantes) d'autres suivent une formation privée de quelques jours généralement dispensés par le laboratoire Boiron, enfin certains se contentent d'une autoformation livresque. Quelle importance d'ailleurs puisque les produits homéopathiques ne contiennent aucun produit actif en quantité pondérale! D'ailleurs la revue Prescrire, avait publié il y a quelques années un article ironique du Dr Jean-Jacques Aulas, qui s'intitulait : « Comment devenir homéopathe en 1h30 ».

Dans un document appelé : « Les pratiques de soins non conventionnelles », le ministère des Solidarités et de la Santé (13 juin 2010) précisait d'ailleurs que « ces pratiques sont diverses, tant par les techniques qu’elles emploient que par les fondements théoriques qu’elles invoquent. Leur point commun est qu’elles ne sont ni reconnues, au plan scientifique par la médecine conventionnelle, ni enseignées au cours de la formation initiale des professionnels de santé. »

On comprend aisément comment l'ambiguïté qui fait que des médecins diplômés peuvent utiliser des pratiques « ni reconnues ni enseignées » peut conduire à un succès incompréhensible des médecines non conventionnelles et plus particulièrement de l'homéopathie en France.

Si l'on ajoute à cela le fait que c'est en France que réside le laboratoire Boiron principal fabricant  de produits homéopathiques dans le monde et que ce laboratoire se montre extrêmement généreux avec les autorités médicales, on comprend que l'homéopathie bénéficie d'un régime très particulier dans notre pays. Ainsi, ce laboratoire a cofinancé un amphithéâtre qui porte son nom à l'université Claude Bernard de Lyon1. Comment s'étonner que cette même université dispense un DIU de "thérapeutique homéopathique" ?

Ceux qui se tournent vers l'homéopathie dans le but de ne pas enrichir les laboratoires pharmaceutiques  se doutent-ils qu'ils enrichissent justement un laboratoire qui lui n'a besoin ni de recherche ni de preuves pour mettre en vente ses produits?

Cette perception biaisée n'est heureusement pas la même dans tous les pays du monde !

(À suivre)

Rappel de ma petitionhttps://chn.ge/2H80W0A

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[1] Titre et mentions autorisées sur les plaques et ordonnances juin 2017 - Ordre nationale des médecins

 

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Il n'est nul n'est besoin d'avoir fait de longues études de langues pour comprendre le texte qui figure sur la photographie qui est en tête de ma pétition: https://chn.ge/2H80W0A

J'ai pris ce cliché, il y a déjà bien longtemps, dans une rue de Lisbonne. Ce jour-là, je me suis dit que les Portugais étaient vraiment des gens d'une grande sagesse pour avoir su mettre l'homéopathie à sa vraie place : dans le même sac que l'astrologie.

Cette photo a longtemps figuré sur la page d'accueil de ce site où elle a eu un certain succès. Un centre hospitalier suisse m'a même envoyé un courriel pour me demander l'autorisation de l'utiliser en disant (je cite de mémoire) : « votre photo figurera longtemps dans la salle d'accueil de notre hôpital ».

Ces souvenirs m'amènent à préciser un point qui me semble de la plus grande importance : les Français ont une vision totalement biaisée de l'homéopathie.

(à suivre)

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Je viens de mettre en ligne une pétition "pour que cesse l'ambiguïté des pratiques médicales".

 c'est ICI

Ma démarche se veut pragmatique, tolérante mais rigoureuse.

Si vous en partagez le contenu, signez-la et surtout faites-la suivre à vos amis et connaissances.

Merci d'avance.

Jean Brissonnet

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