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Les pseudo-médecines

Lutter contre la desinformation en matière de science et presenter la réalité des principales medecines non conventionnelles

Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

En flânant sur Internet, ce matin, j’ai pu lire 3 fois la sacro-sainte phrase évoquant « le nuage de Tchernobyl qui se serait arrêté aux frontières ».

Cette histoire du nuage dont « ON » aurait dit qu’il n’aurait pas survolé le pays fait maintenant partie des légendes urbaines au même titre que les caïmans retrouvés dans les égouts de Los Angeles (ou de Paris), le chat qu’on aurait séché dans un micro-ondes ou la dame blanche de Palavas (et autres lieux).

La différence est que,  si les derniers exemples cités ne sont plus vraiment pris au sérieux, le nuage de Tchernobyl est régulièrement cité – avec le plus grand sérieux et comme l’énoncé d’une évidence – par les adeptes du complot genre « on nous cache tout, on nous dit rien ».

Sachant que cette légende a été depuis longtemps mise en pièces par des articles, des ouvrages et même par l’encyclopédie Wikipedia, j’ai voulu voir qu’elle peut être son impact dans la littérature quotidienne.

J’ai donc fait appel à l’ami Google et lui ai demandé de me faire savoir combien de pages Internet contenaient TOUS les mots suivants : « nuage », « Tchernobyl » « arrêté » et « frontière ». Il fallait en effet être certain que les réponses proposées correspondraient bien à l’événement en question. J’ai aussi limité ma demande à la dernière année. Je veux bien croire en effet que, en toute bonne foi, certains ont cru à cette légende à l’époque des faits.

Le moteur de recherche m’a proposé 19 500 résultats ! Au tout premier plan, les commentaires : « qui a cru vraiment qu’il contournait la France » et « de qui s’est-on moqué », en passant par « c’est comme le ministre qui nous enfuma en prétendant que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière ».

J’ai alors constaté que cette évocation était souvent associée au nuage provoqué par l’éruption en avril dernier du volcan islandais Eyjafjöll.

Je ne résiste pas à l’envie de vous rappeler au passage que l’éruption du volcan en question a projeté dans l’atmosphère environ 600 tonnes d'uranium et 1800 tonnes de thorium et que les calculs montrent que cela représente une radiotoxicité par inhalation supérieure à celle due des  retombées de Cs137 du nuage de Tchernobyl ,même si elles sont moins radiotoxiques à l'ingestion. Non seulement ce problème n’a été que très rarement évoqué, mais il est probable qu’il est déjà oublié. Il est vrai qu’il n’existe pas de CRIIRADV (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité volcanique), pour agiter le chiffon rouge et pas de responsable à dénoncer (mère Nature est bonne par principe).

Revenons à notre fabuleux nuage.

Afin d’éviter ce biais volcanique, j’ai alors limité mes recherches au dernier mois et à la dernière semaine. J’ai quand même recueilli respectivement 412 et 153 réponses. Certes, dans ces pages quelques-unes, ultras minoritaires, contestent la réalité des faits, mais on peut quand même dire que cette légende à la vie dure et possède une période qui sera sans nul doute supérieure à celle du Césium 137 principal contaminant de l’explosion de la centrale (30 ans).

Pour tenter, sans grand espoir, d’en finir avec cette légende il faut, à mon avis, répondre à plusieurs questions:

Cette phrase a-t-elle été prononcée ? Nous a-t-on menti ? A-t-on pris les bonnes mesures?

Aucune trace n’a jamais pu être retrouvée et aucune preuve n’a jamais pu être avancée qu’un quelconque responsable ait dit pareille chose. Personne n’est même capable d’énoncer – ne serait-ce que de mémoire – le nom de son auteur. Sur ce point tout le monde est à peu près d’accord. Certains avancent l’hypothèse qu’un journaliste de télévision montrant du doigt la frontière allemande aurait prononcé une phrase du genre : « de l’autre côté de la frontière, c’est la panique alors qu’aucune mesure n’a été prise chez nous. Il faut croire que le nuage s’est arrêté à la frontière ». Ceci est sans doute aussi une légende, car aucun journaliste n'a jamais revendiqué cette phrase historique qui l’aurait pourtant fait passer à la postérité.

Même si la phrase n’a pas été prononcée, nous a-t-on caché la vérité et les responsables ont-ils nié la présence du nuage au dessus du territoire.

Le 26 avril 1986, à la suite d’une invraisemblable erreur humaine , la centrale nucléaire Lenine explosait.

Le 28 avril, la Suède donnait l’alarme suite à la constatation d’une radioactivité supérieure à la normale.

Dès le 29 avril, le Professeur Chanteur, du SCPRI, déclarait : « En France il n’y a aucun risque. On pourra certainement détecter dans quelques jours le passage des particules, mais du point de vue de la santé publique, il n’y a aucun risque ».

On voit déjà ici les points qui vont être à l’origine de la confusion. Les scientifiques prévoient le passage du nuage sur la France, mais affirment que cela ne comporte aucun danger pour la population. Un nuage, donc, mais pas de danger. Certains entendront : pas de danger, donc pas de nuage.

Le 30 avril 1986 au soir, le Pr Pierre Pellerin, directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), rédige un communiqué de presse annonçant qu'on observe une augmentation du niveau de radioactivité sur l'ensemble du territoire français, mais que ce niveau ne justifie pas de prendre des mesures de santé publique particulières.

Si on observe une augmentation du niveau de radioactivité, c’est bien que le nuage est arrivé sur la France. Non ?

Le lendemain étant le 1er mai, les journalistes, sans doute trop occupés par la fête du Travail, ne reprennent pas le communiqué.

Le 2 mai le Pr Pellerin publie le communiqué suivant

Pellerinc

Comme vous pouvez le constater, on peut y lire que « L’élévation relative de la radioactivité relevée sur  le territoire français à la suite de cet accident est largement inférieure aux limites recommandées par le CIPR et aux limites réglementaires françaises » et il confirme « ni la situation actuelle ni son évolution ultérieure ne justifie dans notre pays quelques contre mesures sanitaires que ce soit ».

En clair, le nuage est bien là mais il est, pour nous, inoffensif.

Le journal Libération reprend honnêtement ce communiqué sous le titre « Tchernobyl : le choc du nuage »

liberation 1

C’est alors que, dans les semaines qui suivent,  le lobby antinucléaire va se déchainer, relayé par les journaux amateurs de complots. Il faut avouer que l’occasion est trop bonne !

Sans doute un peu gêné de ne pas faire chorus, Liberation se fait un auto-lavage de cerveau et, oubliant sa précédente publication, se met à l’unisson et titre : « Le mensonge radioactif », indiquant que « les pouvoirs publics en France ont menti : le nuage de Tchernobyl à bien survolé une partie de l’hexagone ». Pour faire bonne mesure ils accusent:     « Le professeur Pellerin en fait l’aveu deux semaines après l’accident nucléaire ».

liberation 2

Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées à propos des journalistes de Libération:

ils se laissent involontairement manipuler par certains lobbies, ce qui serait preuve d’une regrettable naïveté.

- ils fournissent des informations partiales, faisant fi de leur sacrée indépendance journalistique.

- ils ont été victimes de retombées radioactives particulièrement intenses au siège de leur journal, ce qui a profondément affecté leur mémoire.

Souhaitons, tant qu’à faire, que la 3e hypothèse soit la bonne.

À la suite de tout cela le Pr Pellerin a été calomnié de toutes parts. En réponse, il a attaqué en justice pour diffamation Michèle Rivasi (Sur le fond, le Tribunal conclut que la diffamation de P. Pellerin est incontestable), Noël Mamère et Antenne 2 (condamnation après appel et cassation. Cassé par la cour européenne, non sur le fond , mais parce que Le Pr Pellerin n’était plus fonctionnaire) et J.-M. Jacquemin et son Éditeur (condamnation définitive après appel et cassation).

Il est maintenant incontestable que l’absence de contre-mesure était la bonne solution : on estime que la panique provoquée par les mesures exagérées prises en Allemagne a été la cause de dizaines de milliers d’avortements thérapeutiques parfaitement inutiles.

L’ancien responsable de la radioprotection en Suisse, Serge Prêtre,a déclaré, en 2005, que : « Le jugement du Professeur Pellerin était correct et fut confirmé par la suite ». Il a ajouté que : « la dose due au passage du fameux nuage sur la France fut nettement inférieure à la dose annuelle due au radon (naturel) dans les habitations et que la contamination était 3 à 10 fois moins sérieuse qu’en Suisse ».

La morale de tout cela est que :

- Personne n’a jamais prétendu, ni directement, ni indirectement, que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière

- Personne ne nous mentit, comme on a voulu nous le faire croire !

- Les mesures prises ont été satisfaisantes

Alors, ami lecteur, lorsque quelqu’un, devant vous, fera une quelconque comparaison avec le nuage de Tchernobyl et son contrôle à la frontière,  n’ayez pas peur d’en rajouter (il faut bien rire un peu) et racontez lui l’« authentique » histoire du moteur à eau victime des compagnies pétrolières.

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Ce matin, en faisant une recherche sur mon domaine de prédilection, l’ami Google un peu farceur sans doute à cet instant, m’a conduit sur le site de « ELLE », à un article intitulé : « Céline Dion : un accouchement début novembre ? ».

Comme je ne fais aucune discrimination en matière de presse, j’ai parcouru l’article pour apprendre que la chanteuse était enceinte de jumeaux et que la rumeur prétendait qu’elle avait prévu un accouchement par césarienne pour le 22 octobre.

J’ignorais jusqu'à l’existence de cette grossesse. C’est vous dire si je vis à l’écart des événements mondiaux de première importance !

Je me suis alors demandé : pourquoi le 22 novembre ? Pourquoi une date plutôt qu’une autre ? On n’en est pas à quelques jours près pour une naissance ! Sauf si… Mais c’est, Oui, bien sûr ! Un problème de signe du zodiaque.

Malheureusement, je suis aussi nul en astrologie qu’en presse people. Heureusement Wikipédia est là qui m’a confirmé que si Celine Dion voulait avoir des balances, il lui fallait accoucher avant le 22 octobre. Le 23, c’est fichu ! On est bon pour des scorpions.

Or comme vous le dirait sans doute un astrologue psychanalyse (ça existe surement), les balances sont équilibrées alors que les scorpions sont piquants et agressifs.

Je blague, je blague, mais je vous dois la vérité : l’article en question était justement un démenti de cette affreuse diffamation. Céline attendra que la nature fasse son effet. Elle ne croit donc probablement pas à l’astrologie. Ceci me l’a rendue très sympathique et je me préparais à lui pardonner les offenses faites à la musique, lorsque j’ai lu la fin de l’article.

Il m’a appris que : « En août dernier, Céline Dion avait annoncé être de nouveau enceinte grâce à une FIV avant de faire une fausse couche quelques semaines plus tard », et que « Pour mettre toutes les chances de son côté, Céline a eu recours à l’acupuncture avant de tenter une nouvelle fécondation in vitro ». Et l’article de poursuivre : «  La méthode a, semble-t-il, payé, mais la famille continue de croiser les doigts ».

À mon avis s’ils attendent l’aide de l’acupuncture, ils feraient bien de croiser aussi les doigts de pied (voir ici).

Pour conclure, on apprenait que : «  Si tout se passe bien, la chanteuse devrait donner des nouvelles de sa grossesse le 28 octobre prochain, elle sera en effet l’invitée d’un talk show américain depuis sa résidence de Floride ».

J’espère que l’acupuncteur sera aussi de la fête. Il l’a bien mérité.

L’article en question se trouve ici et si cela ne vous suffit pas, il vous suffit de taper sur Google en « recherche avancée » « toutes les pages contenant tous les mots suivants » : Céline , Dion  et accouchement  et de limiter les réponses aux 8 derniers jours. Vous obtiendrez « environ 20 000 résultats » ! En 8 jours…  c'est pas beau ça !

Quand je vous disais que c’était un événement mondial de première importance !

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Je puis vous l’affirmer avec la plus grande force : ce site est totalement indépendant. 

Pas de publicité, pas de financement occulte (laissons cela aux politiques) et pas de subventions publiques. 

Et pourtant, exception qui confirme la règle, je vais faire ici de la publicité et vous vanter l’usage d’une application à placer sur votre iPhone pour la modique somme de 1,59€ au lieu de 4,99€  (prix de lancement)! Quelle chance!

Vous n’avez pas d’iPhone! Moi non plus rassurer-vous, mais je ne me soigne pas non plus par homéopathie.

Quel rapport entre iPhone et homéopathie?

C’est IMEO tout simplement, une application iPhone destinée à vous aider (je cite) « dans le choix du remède homéopathique répondant le mieux aux symptômes que vous constatez pour la plupart des maladies et petits soucis du quotidien »  . C’est l’application N° 1 dans la catégorie médecine.

Passons sur le paradoxe qui consiste à posséder le dernier cri de la technologie téléphonique (plutôt qu'un sémaphore) et à croire aux vertus d’une médecine du XIIIe siècle, qui n’a jamais été capable de mettre en évidence une efficacité supérieure à celle du placebo, et examinons rationnellement les avantages de cette formule de soins.

D’abord, elle ne prétend soigner ni le cancer, ni le SIDA, ni même les graves maladies infectieuses. Elle s’attaque à 22 maladies qui, soit guérissent naturellement, soit sont connues pour être sensibles à l’effet placebo ( Fièvre, Rhume, Poussée dentaire, Angine, Aphte, Otite, Sinusite, Grippe, Conjonctivite, Orgelet, Toux, Diarrhée, Eczéma, Verrue, Zona, Urticaire, Coup de soleil, Entorse, Torticolis, Cystite, Arrêt du Tabac, Enfant agité). Trois autres maux sont à l’étude : l’indigestion, les règles douloureuses et le trac des examens. Comme on le dit couramment:  « il n’y a pas de quoi fouetter un chat ». Il n’y a pas non plus urgence à courir chez le médecin, qui serait bien capable de donner une ordonnance inappropriée. Il sera temps si les symptômes perdurent d’aller consulter un praticien qui, cette fois, ne risquera pas d’être un homéopathe.

Ensuite parce que l’automédication téléphonique à l’intérêt d’éviter à la collectivité de rembourser une visite, parfaitement inutile, chez un homéopathe et un lot de granules, vide de tout produit actif. 

La Sécurité Sociale et les mutuelles vont se frotter les mains.

Je suggère donc au laboratoire Boiron, plutôt que de financer des études pseudo-scientifiques pour chercher une reconnaissance académique qu’il n’obtiendra de toute façon jamais, d’encourager ce genre d’initiative et de mettre ses produits en vente dans les supermarchés. 

Ils y feraient un malheur entre les produits « bio » et les denrées exotiques.

 

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Que les libres penseurs ne se réjouissent pas trop vite, je ne vais pas ici vous parler de l’eau de Lourdes.

Quoique !

Que ceux que le sujet intéresse aillent lire « Les miracles, Lourdes et les probabilités » de Gerald Bronner. Ils y apprendront que l’eau de Lourdes avec ses 67 miracles authentifiés pour des centaines de millions de visiteurs depuis 1858 (une guérison miraculeuse tous les 4 500 000 visiteurs environ dont la plupart ne sont pas malades) ne fait pas mieux que les hôpitaux qui eux constatent des rémissions parfaitement inexpliquées (une guérison spontanée pour 333 000 malades).

La Solution minérale miracle (MMS1) dont je veux vous parler n’est pas gratuite, comme l’est l’eau de Lourdes. Elle est vendue sur Internet. Le site qui en fait la promotion affirme : « Cette découverte peut sauver votre vie, ou la vie d'une personne aimée. La réponse au SIDA, aux hépatites A B et C, au paludisme, à l'herpès, à la tuberculose, à la plupart des cancers et à beaucoup d'autres des pires maladies, a été trouvée ».

Encore une belle application du mythe de la solution simple et unique (voir ici).

Ses promoteurs prétendent que : « Au 1er janvier 2010, plus de 400.000 personnes ont commencé à utiliser le MMS, et peut-être 250.000 l'utilisent activement chaque jour ». On espère vraiment qu’ils exagèrent !

En effet, l’Institut Nationale de Veille Sanitaire (INVS) vient de mettre ne garde contre cette nouvelle potion magique et a publié un communiqué de presse intitulé : « Mise en garde sur les risques liés à la consommation du produit dénommé « Solution minérale miracle (MMS1) » à la suite de cas d’intoxication signalés par des centres antipoison et de toxicovigilance. Il y est précisé que : « Aucune efficacité médicale de ce produit n’est avérée » mais qu’en plus les substances présentes dans le produit « peuvent être irritantes pour la peau ou les muqueuses oculaires en cas d’application ou de projection ». De plus, « par voie digestive, les effets toxiques varient selon la quantité ingérée : vomissements, fièvre, douleurs gastriques et thoraciques, et parfois de graves brûlures des muqueuses de l’œsophage et de l’estomac. Des troubles sanguins (anémie hémolytique, atteinte de l’hémoglobine) peuvent également être observés ».

Tout un programme !

On voit où peuvent mener la naïveté et la croyance dans les médecines non conventionnelles.

 

Lire le communiqué  de l'InVS


« L'homme est un animal crédule qui a besoin de croire. En l'absence de raisons valables de croire, il se satisfait de mauvaises ». (Bertrand Russell)

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Le site du journal « Sud Ouest » nous apprend qu’un ancien médecin généraliste d'Orthez et sa femme comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel de Pau, pour exercice illégal de la médecine.

Le 1er mars 2008, le Dr Alain F. avait été sanctionné par Le Conseil de l’ordre pour avoir trafiqué la facturation de ses actes, mais aussi pour recevoir régulièrement plusieurs patients en même temps. Sa spécialité : les médecines douces, homéopathie, acupuncture et mésothérapie, notamment.

Passant outre son interdiction d’exercer,  Alain F. et son épouse ont alors créé le « centre de diététique Jeanne-d'Albret ».  Les patients, qui croyaient toujours s’adresser à un cabinet médical, étaient reçus par une praticienne en blouse blanche, Francoise F, la femme du docteur, qui plantait des aiguilles, bien qu’elle ne possède comme tout diplôme qu’un baccalauréat et qu’elle n’ait pas suivi la moindre formation de cette fameuse « médecine millénaire ».

Bien sûr, pensez-vous surement, le subterfuge n’a dû tromper personne et les résultats ne devaient pas être au rendez-vous !

Détrompez-vous ! Près de 700 patients ont été reçus et 2 000 séances d'acupuncture illégales ont été pratiquées par madame. Certains sont même très satisfaits de ses services. Recette évaluée 20 000 euros entre mars et octobre.

Enfin, une patiente s’est émue de voir les ordonnances rédigées sur de simples post-it et a prévenu le Conseil de l’Ordre. C’est pourquoi le couple s’est retrouvé, hier, devant le tribunal correctionnel.

L’avocate du couple développe des argumentaires très intéressants.

Pour le docteur « Il n'était pas interdit d'exercice, mais interdit de donner des soins à des assurés sociaux, il n'y a donc pas exercice illégal de la médecine. » Il semble d’ailleurs qu’en cela elle n’ait pas vraiment tors et les médecins qui pratiquent la « nouvelle médecine germanique » de Hamer le savent bien. Lorsqu’ils sentent que le terrain devient brulant, ils se désinscrivent du Conseil de l’Ordre (ce qui ne les empêche pas d’être toujours docteurs en médecine) tout en conservant leur fidèle (mais naïve) clientèle. Le conseil de l’ordre ne peut alors plus rien contre eux et seule la justice peut agir, si elle est saisie d’une plainte. La seule différence est que les patients ne sont plus remboursés, mais la fidélité n’a pas de prix !

Pour l’acupunctrice improvisée, l’avocate avance qu’« elle pratiquait une activité pour laquelle il existe un flou. À l'instar de l'ostéopathie, il y a quelques années, qui peut être aujourd'hui exercée par des non-médecins ». Argument logique, qui tend, non seulement à prouver que Francoise F  est seulement un peu en avance sur son temps, mais aussi que l’acupuncture, « ça marche », même quant on n’y connaît rien.

Ah ! J’allais oublier : le Dr Alain F pratique aujourd’hui la médecine à Samadet, dans les Landes.

Source

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

Samedi dernier, je me suis rendu au colloque du GEMPPI (Association de lutte contre les sectes)  à Marseille.

nathalie de reuckParmi plusieurs communications passionnantes, j’ai été particulièrement intéressé par le témoignage poignant de Nathalie de Reuck auteur de l’ouvrage : « On a tué ma mère ».

Il s’inscrit parfaitement dans ma démarche, destinée à monter combien la pratique de médecines non conventionnelles par d’authentiques médecins est source de confusions.

Ces médecins pratiquent un détournement de diplôme en couvrant de leurs titres des pratiques contestables et parfois dangereuses.

À la fin de son exposé j’ai posé à, Nathalie de Reuck la question suivante : « Si les deux praticiens qui ont suivi votre mère n’avaient pas été médecins, l’histoire aurait elle été la même ? »

Sans la moindre hésitation elle a répondu « Non ».

Tout était dit ! 

Nathalie de Reuck nous a confié qu’en ultime recours elle a fait appel à un autre médecin homéopathe, conseillé par une pharmacienne, dans le but, au vu de son état grave,  de convaincre sa mère d'une hospitalisation urgente. Ce qu'il n'a malheureusement pas fait,  au prétexte qu'en tant que fille unique elle était responsable de son mal. Selon lui, sa mère et elle devaient dénicher le conflit à l'origine du mal pour que celui-ci vienne à disparaître.

Il n'a donc pas jugé nécessaire d'hospitaliser sa patiente et a, de cette manière, cautionné et renforcé davantage les arguments développés par les autres thérapeutes. 

 

À la fin du colloque j’ai demandé à Nathalie de Reuck de bien vouloir m’autoriser à publier des extraits de son exposé.

C’est ce témoignage que je vous invite maintenant à lire. Il est bref et incomplet. Vous pourrez lire la suite dans son ouvrage:

On a tué ma mère ! : Face aux charlatans de la santé

L’aventure n’est pas terminée, car elle continue la lutte avec une énergie admirable.

 

 

Décembre 2005

Maman découvre une petite grosseur au sein gauche. Je m’en réfère à une amie gynécologue qui m’explique les examens à effectuer rapidement. D’après les éléments que je lui transmets il semble évident qu’il s’agit d’un cancer débutant.

Je rapporte à maman le diagnostic de la gynéco qui semble accepter une hospitalisation rapide. Mais quelques jours plus tard elle se rétracte. Son ostéopathe, Luc D., qui vient à domicile depuis plusieurs années pour d’autres ennuis de santé, lui a déconseillé l’hospitalisation. Pour lui, sa grosseur au sein est juste la manifestation d’un conflit qu’il faut résoudre.

Cela fait 10 ans que je m’oppose à cet ostéopathe. Il tient un discours paradoxal qui relève plus de la psychanalyse que de la kinésithérapie.  Pour lui, les relations familiales sont une source intarissable de conflits à l’origine des douleurs physiques de maman.

Je m’inquiète pour elle et souhaite une hospitalisation. Maman veut du temps et déterminer s’il y a une possibilité de la soigner autrement que par des traitements lourds. Elle me rassure. Si la grosseur croit, elle n’hésitera pas un instant à faire les examens préconisés par la gynécologue.

En février 2006 par le biais d’une vétérinaire homéopathe elle entre en contact avec Mme nanette B.  Une thérapeute qui fait des miracles, parait-il. Dans un premier temps je pense qu’elle aussi est docteur car il est question de diagnostic et de traitements. Cette dame travaille en collaboration avec Jean-Marie W. A deux, ils traitent maman par téléphone.

Deux docteurs homéopathes qui la suivent depuis plusieurs mois lui fournissent des granules dont ils refusent de donner la composition mais qui sont censés augmenter les défenses naturelles de l’organisme et diminuer la grosseur au sein.

Cinq personnes s’occupent de maman, et tous tiennent un discours identique. À l’origine du mal, le conflit qu’il faut résoudre. Chacun s’attèle à une tâche.

L’ostéopathe effectue des drainages lymphatiques et travaille les constellations familiales.

Nanette B. prescrit de l’homéopathie, fait des études géo biologiques de la maison.

Jean-Marie W. remonte les énergies, cherche la magie à l’origine du mal, etc.

Tous pratiquent la kinésiologie, recommandent les fleurs de Bach, prescrivent des granules homéopathiques …

Autour de ces thérapeutes, médecins et ostéopathes réguliers, gravitent un tas d’autres thérapeutes occasionnels. Thérapeutes en naturopathie, psycho généalogie, iridologie, énergie des chakras, etc.

Si je m’oppose à leurs idées qui m’apparaissent absurdes, je ne m’inquiète pas outre mesure à ce stade. Après tout, maman est entre les mains de professionnels, entourée de docteurs. « Je veux vivre » me répète maman sans relâche.

Je reste cependant quand même sur mes gardes même si le mal, d’après ma mère, ne semble pas évoluer.

 Fin 2006

Je découvre le sein de maman complètement abîmé. Pour la convaincre d’une hospitalisation j’use d’éléments concrets et pragmatiques. Mais elle s’y oppose complètement usant d’arguments qui m’apparaissent ahurissants et infondés. Si elle souffre, c’est le corps qui se répare. Elle saigne, c’est le mal qui s’échappe. Du pus s’écoule de la plaie, la fièvre augmente, la tumeur prend du volume.. C’est un processus qui mène à la guérison. Toute manifestation physique qu’en médecine traditionnelle on associe à une aggravation de la maladie devient au contraire pour maman le signe d’une rémission.

Je m’interroge sur ces explications enchevêtrées qui m’apparaissent ahurissantes. Tantôt philosophiques, tantôt spirituelles parfois médicales, souvent scientifiques  les propos que maman me tient et qui devraient tendre à m’éclairer m’embrouillent complètement.

L’impression insolite de me trouver face à un ennemi dont je ne connais rien. Tout ce qui fait partie du cadre de référence logique et qui nous est enseigné depuis notre enfance est rejeté et détourné, ce qui rend impossible toute discussion concrète.

Le choix n’est pas discutable. Soit les liens sont rompus, parce que je m’oppose à maman soit je tente de comprendre.

Parmi ces nombreuses annotations découvertes, maman a écrit ceci, trois mois avant son décès

.« Tellement mal, tellement malade. La nuit entière je fixe les murs à subir cette douleur qui ne me laisse aucun répit. Le sein, ce qu’il en reste suinte… Mon bras a encore gonflé. Impression qu’il va exploser. Brûlure partout. À devenir folle. Je sais à peine respirer. J’ai peur. Tout mon être à envie de hurler. Je retiens mes pleurs. Impression de mourir. Jean-Marie W., le thérapeute, m’a dit ‘Ca ne va pas ça mme Starck. Je vous laisse en phase de guérison et je vous retrouve deux jours après aussi bas dans votre énergie de vie. Il y a en vous le BESOIN de se sacrifier ! Vous êtes brimée depuis votre naissance. Laissez exploser vos colères. Votre mari est un tortionnaire. Quittez-le, je vous l’ai déjà dit. Et votre fille aussi ».

Je ne suis  arrivée à la convaincre d’une hospitalisation que bien trop tard. Cela lui a juste permis de se rendre compte, grâce au résultat de la biopsie qui indiquait un cancer, que les thérapeutes et les médecins qui l’entouraient l’avaient leurrée.

Maman est morte dans des souffrances effroyables.  Ses tortionnaires l’y ont emmenée. Un épilogue incompréhensible. Et je n’ai rien pu y faire si ce n’est assister à sa dégradation lente et inéluctable.

La culpabilité qui me tenaillait était à ce point insoutenable que j’ai rapidement cherché à comprendre ce qui avait entrainé ma mère, pourtant combattive et cartésienne, à refuser les soins médicaux qui auraient pu sans conteste la guérir.

À la base de cette dérive il y a ma mère. Qui au-delà des apparences, était en quête de guérison et prête à tout, même à souffrir le martyre pour y arriver. Parce que c’est ce que font croire ces voleurs de chimère, qu’au bout du chemin sur lequel ils la menaient,  après la douleur  il y avait la guérison.

Des maitres de l’illusion qui jouent avec la vie et la mort comme d’autres participent au Lotto. Ils ont détourné ma mère de la vie en usant et abusant de mots mensongers. Il ne s’agissait pas d’un choix délibéré de s’orienter vers de nouvelles techniques en sachant les risques encourus. Non. Elle a été trompée, abusée et c’est ce qui rend le deuil de ceux qui restent particulièrement pénible.

Lors de mes investigations j’ai rencontré, ceux que je nomme les bourreaux de ma mère. Tous, sans exception sont convaincus de l’avoir menée sur le bon chemin. Selon eux, c’était son choix, son destin, sa liberté. « Elle est morte libre, m’a dit l’ostéopathe, en ajoutant que de toute façon, une hospitalisation n’aurait rien changé. Jacqueline selon lui ne souhaitait pas suffisamment résoudre son conflit »

Nanette B. m’a affirmé que cette pauvre femme qui avait énormément souffert avait résolu son conflit, mais que le corps ayant trop trinqué, la mort était inéluctable. Elle a précisé que désormais son corps astral était lumineux et que là où elle était elle revivait une vie nouvelle.

Jean-Marie W., atteint d’une tumeur au cerveau tenait ma mère pour responsable de son cancer « Son énergie négative était trop forte… j’ai tout pris, tout encaissé» m’a-t-il dit peu avant de mourir, en n’oubliant pas d’indiquer que Jacqueline lui était redevable d’une grosse somme d’argent. Il n’a pas eu honte de m’avouer qu’il se faisait traiter dans un des meilleurs hôpitaux

Les deux docteurs homéopathes avaient laissé maman quelques mois avant son décès. Elle refusait de continuer à prendre de l’homéopathie sans en savoir le contenu…

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… Une plainte a été déposée contre les trois thérapeutes de Jacqueline. L’ostéopathe, Nanet B et Jean-Marie W.

Maman avait enregistré quelques une des conversations téléphoniques. Pas dans le but de leur nuire, mais pour accélérer le processus de guérison en se remémorant ainsi les conseils prodigués. Si celles-ci ne constituent pas un élément de preuve elles servent toutefois à éclairer la justice sur le contenu de certains dialogues.

 Une plainte… Pour un processus de reconnaissance diraient certains. Je dirais plutôt pour tenter en rendant publique la problématique de les empêcher de nuire encore.

Le processus judiciaire se révèle pénible et si bon nombre de proches de victimes ne s’y résolvent pas ce n’est pas par lâcheté mais parce qu’ils ont le droit de vivre leur peine dans le respect.

Déposer une plainte c’est se positionner en coupable. C’est admettre qu’on a failli et que ça a couté la vie à la personne qu’on aimait. C’est devoir se justifier devant la justice, devant les autres et espérer qu’ils comprennent ce que nous-mêmes nous avons du mal à comprendre. Apporter des preuves, des éléments probants qui étayent nos accusations mais dont la plupart des proches sont dépourvus.

C’est affronter un nouveau combat à armes inégales, parce que si pour les thérapeutes il s’agit d’argent et de réputation pour nous cela touche à l’essentiel, la perte d’un être cher...

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…Construire un dossier n’est pas aisé pour les victimes. Les enquêteurs, les magistrats qui sont formés pour juger sur des éléments concrets sont confrontés, dans ces cas-ci, à de l’abstrait, rendant d’autant plus complexe l’analyse des dossiers.

Par exemple, lorsque les enquêteurs ont entendu l’ostéopathe de Jacqueline, ils n’ont trouvé aucun élément compromettant. Toute la journée a pourtant été consacrée à son audition. L’ostéopathe s’est montré coopératif.

Il expliquait qu’à l’origine de toute maladie il y avait un conflit. Que le cancer nous en faisions tous plusieurs fois par an sans nous en rendre compte pour autant. Que les métastases n’existaient pas, etc. Un discours qui relève clairement de la médecine nouvelle germanique. Mais les enquêteurs se sont avoués complètement désarmés devant de tels propos. « Vous comprenez ? On n’est pas médecin. Ces affirmations sont peut-être exactes » me confiaient-ils le soir même.

Ma plainte déposée il y a plus d’un an est toujours à l’instruction. Une enquêtrice est en charge, en plus d’autres dossiers, de retranscrire toutes les K7  des conversations enregistrées entre les thérapeutes et ma mère et les agendas qu’elle tenait journellement. Un des thérapeutes,Jean-Marie W. celui dont je possédais le plus d’éléments à charge est décédé au printemps. Les poursuites à son encontre sont donc interrompues.

L’ostéopathe continue à exercer à Bruxelles et Nanette B. en France dans le Périgord. D’autres victimes tombent sous leur joug sans que la justice n’intervienne.

Faute d’éléments, de temps peut-être aussi ou de volonté de la part du magistrat en charge, aucune commission rogatoire n’a encore été ordonnée.

Face à ses difficultés, on comprend mieux les raisons qui poussent les familles des victimes à se taire. Parce qu’à tout cela, il faut aussi préciser qu’un procès requiert une implication financière  particulièrement lourde et une issue incertaine…

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… Les chroniqueurs qui s’intéressent au sujet sectaire s’engagent peu dans leur position. Les débats, les magazines d’investigation s’attachent à donner une version soft de la problématique et refusent de se positionner en dénonçant réellement les risques de certaines méthodes alternatives. C’est principalement à travers les voix des proches des victimes qu’ils dénoncent les faits.

Sans compter que parmi eux, comme en politique ou ailleurs on découvre des propagandistes zélés qui se veulent le relais de ces méthodes qu’ils cautionnent.

Les médias, tant de la presse écrite que visuelle relayent en quantité foisonnante les multiples bienfaits des stages, conférences, reliés aux pratiques alternatives.

 Il n’y a pas un magazine féminin qui ne cite  Âyurveda comme cure d’amaigrissement ou qui ne fasse allusion à l’homéopathie, à la psychogénéalogie ou  aux théories du conflit, chaque semaine.

 Chakras, énergie, centres vitaux, corps astral, prennent place dans le langage populaire et reculent les limites de l’illusion. Un jargon chimérique qui se banalise…

                                                                                   Nathalie De Reuck  GEMPPI    octobre 2010

                                         

 

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Publié le par Jean Brissonnet
Publié dans : #Au fil du temps

En Suisse, en 2005, cinq médecines alternatives (l’homéopathie, la médecine chinoise, la médecine anthroposophe, la phytothérapie et la thérapie neurale) ont été exclues du remboursement de l’assurance maladie de base par le ministre de la Santé, M. Pascal Couchepin

Suite a une pétition réunissant suffisamment de signatures une votation (sorte de referendum d’initiative populaire) a été organisée le 17 mai 2009.

À cette occasion, un comité interparti pour le contre-projet, "Pour la médecine complémentaire", qui regroupe 36 sénateurs et environ 100 députés, a lancé une campagne pour que leur prise en compte soit ancrée dans la Constitution.

Lors de cette votation, par 67 % de oui, la population suisse a souhaité que ces disciplines soient de nouveau remboursées.

Or, selon le «TagesAnzeiger», seules deux de ces médecines pourraient être finalement remboursées: la phytothérapie et la thérapie neurale ; et encore, l’Office fédéral de la santé publique a-t-il soumis ces 2 thérapies à un groupe d’experts, leur demandant de démontrer que celles-ci satisfont aux critères d’efficacité, d’adéquation et d’économicité (EAE).

Finalement c’est Didier Burkhalter, chef du Département fédéral de l'intérieur,  qui tranchera.

Affaire à suivre avec attention, pour savoir si les hommes politiques suisses sont plus courageux et moins démagogues que leurs homologues français.

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